Agent 3-16

4.3.06

« Lettre ouverte à Jésus »

Extraits d’une « lettre ouverte à Mgr Marc Ouellet, archevêque » parue dans le journal LE DEVOIR (Canada) du 25 février 2005. (Le contenu original de la lettre est en noir; mes ajouts sont en bleu).

Monsieur le cardinal, Depuis votre nomination comme archevêque de Québec, plusieurs de vos prises de positions, repercutées par les médias, nous indisposent. Elle donnent en effet à notre Église un visage que nous refusons.

Monsieur le Christ, Depuis le début de votre ministère de Rabbi itinérant, plusieurs de vos prises de positions, rapportés par certains scribes et des pharisiens, nous indisposent. Elle donnent en effet à la foi de nos Pères un visage que nous refusons.

Membres à part entière et de plein droit de l’Église catholique au Québec [?], nous jugeons nécessaire d’intervenir publiquement pour manifester notre désaccord avec le modèle ecclésial que vous mettez en avant. Nous le faisons sur la base du « sens de la foi » que nous confère notre baptême.

[Sont incorporés pleinement à l’Église ceux qui, ayant l’Esprit du Christ, acceptent intégralement son organisation et tous les moyens de salut institués en elle et qui sont unis, dans l’ensemble visible de l’Église, avec le Christ qui la dirige par le Souverain Pointife et les évêques. Ceux qui, étant baptisés, portent le beau nom de chrétiens sans professer pourtant intégralement la foi ou sans garder l’unité de communion avec le successeur de Pierre se trouvent dans une communion imparfaite avec l’Église catholique » (cf. CEC nn.837-838)].

Fils d’Abraham et de Jacob, nous jugeons nécessaire d’intervenir publiquement pour manifester notre désaccord avec le nouveau modèle « Église » que vous proposez. Nous le faisons sur la base de notre interprétation personnelle des prophètes et de la Loi.

Ce modèle d’Église dont nous ne voulons pas, c’est d’abord celui que vous incarniez déjà lors de la pompeuse célébration d’inauguration de votre cardinalat. Vous dressiez alors, dans votre homélie, un portrait excessivement noir de la situation actuelle du Québec. De tels propos- que vous avez repris à maintes occasions- offrent le visage d’une Église qui se pose « en surplomb » d’un monde qu’elle réduit, dans son discours, à un champ de décadence.

Ce ‘royaume’ dont nous ne voulons pas, M. le Christ, c’est d’abord celui que vous incarniez déjà lors de votre pompeuse entrée à Jérusalem comme « roi des juifs ». Vous dressiez alors, dans vos discours, un portrait excessivement noir de la situation actuelle de notre monde.

[« Jamais plus tu ne porteras de fruit, figuier maudit » (Mt 21, 19) ; « Voici que moi, j’envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes. Vous en tuerez et mettrez en croix, vous en flagellerez et vous les pourchasserez de ville en ville… En vérité, je vous le déclare, tout cela va retomber sur cette génération! » (Mt 23, 34). « Prenez garde que personne ne vous égare. Car beaucoup viendront en mon nom; ils diront ‘c’est moi, le Messie, et ils égareront bien des gens… On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume… Alors on vous livrera à la détresse, on vous tuera, vous serez haïs de tous les païens à cause de Moi; et alors un grand nombre succomberont… Des faux prophètes surgiront en foule et égareront beaucoup d’hommes. Par suite de l’iniquité croissante, l’amour du plus grand nombre se refroidira. » (Mt 24, 2. 4-13). « N’est-ce pas Moïse qui vous a donné la Loi? Or aucun de vous n’agit selon la Loi : pourquoi cherchez-vous à me faire mourir? » (Jn 7,19). « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais à présent, vous dites ‘nous voyons’ : votre péché demeure. » (Jn 9,41). « Qui vous écoute m’écoute, et qui vous repousse me repousse; mais qui me repousse repousse également Celui qui m’a envoyé » (Lc 10,16). « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi; s’ils ont observé ma parole, ils observertont aussi la vôtre. Tout cela, ils vous le feront en mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. Si je n’étais pas venu, si je ne leur avais pas adressé la parole, ils n’auraient pas de péché; mais à présent, leur péché est sans excuse. » (Jn 15, 20-22)].

De tels propos- que vous avez repris à maintes occasions- offrent le visage d’une secte qui se pose « en surplomb » d’un monde qu’elle réduit, dans son discours, à un champ de décadence.

[…] Ce modèle d’Église dont nous ne voulons pas, c’est également celui que vous incarnez dans votre lettre intitulée « Mariage et société », publiée en janvier dernier. Vous vous y opposez au projet de loi du gouvernement fédéral sur la redéfinition du mariage civil, un projet pourtant issu de l’avis positif de la Cour suprême du Canada et fondé sur la Charte des droits et libertés. Votre zèle intempestif sur cet enjeu « heurte le sens moral et la sensibilité religeuse d’un grand nombre de citoyens, catholiques ou non catholiques ».

Ce ‘royaume’ dont nous ne voulons pas, c’est également celui que vous incarnez dans votre discours dit « sur la montagne », prononcé l’année dernière. Vous vous y opposez aux différentes lois établis par la tradition de nos pères, des lois pourtant issus de l’avis positif de nos rabbins et fondé sur la Loi de Moïse. Votre zèle intempestif, votre insistance sur l’interdiction du divorce et votre rappel de l’origine du mariage (« N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, les fit homme et femme et qu’il a dit : c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachers à sa femme, et les deux ne feront plus qu’une seule chair » (cf. Mt 19 1-9) heurtent le sens moral et la sensibilité religieuse d’une grand nombre de citoyens. [« Les disciples lui dirent ‘si telle est la condition de l’homme envers sa femme, il n’y a pas intérêt à se marier! » (Mt, 19,10)] Plusieurs autres de vos doctrines heurtent d’ailleurs la sensibilité religieuse des gens. [« Dès lors, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de faire route avec lui » (Jn 6,66).

Le respect des droits des minorités, la promotion d’une société ouverte et tolérante ainsi que la recherche de la justice et de l’égalité—sans égard au sexe, aux origines, aux croyances et à l’orientation sexuelle des personnes—sont, pour nous, des valeurs fondamentales qui trouvent leurs racines dans l’Évangile.

[« Du cœur des hommes proviennent intentions mauvaises, meurtres, adultères, perversités, débauche, envie, injures, vanité, déraison » (Mc 7, 21-22) ; « (À la femme adultère : ‘Je ne te condame pas : va et ne pèche plus’ (Jn 8, 11) ; « La colère de Dieu se révèle contre toute impiété et toute injustice qui retiennent la vérité captive de l’injustice… Connaissant Dieu, ils se sont fourvoyés dans leurs vains raisonnements et leur cœur insensé est devenu la proie des ténèbres… C’est pourquoi Dieu les a livrés, par les convoitises de leurs cœurs, à l’impureté où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps. Ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, adoré et servi la créature au lieu du Créateur qui est béni éternellement. C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions avilissantes : leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature; les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l’infamie d’homme à homme et recenant en leur personne le juste salaire de leur égarement. Dieu les a livrés à leur intelligence sans jugement; ainsi font-ils ce qu’ils ne devraient pas…. (Rm 1, 18.24-31)]. Nous sommes donc scandalisé par cette croisade que vous menez contre l’élargissement de la définition du mariage civil. […]. [« Dès lors, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de faire route avec lui » (Jn 6,66). ; « Le langage de la croix est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui sont en train d’être sauvés, il est puissance de Dieu (1 Cor 1,18)]; Nous représentons un visage du catholicisme qui veut cesser d’entretenir l’ostracisme à l’endroit des personnes homosexuelles et surtout de soutenir, au lieu d’accabler, les jeunes qui se découvrent de cette orientation affective [« Bien qu’ils connaissent le verdict de Dieu déclarant ‘digne de mort’ ceux qui commettent de tells actions, ils ne se bornent pas à les accomplir, mais ils approuvent encore ceux qui les commettent » (Rm 1, 32)]

* * *

Je vous exhorte, frères, à vous garder de ceux qui suscitent divisions et scandales et s’écartant de l’enseignement que vous avez reçu; éloignez-vous d’eux. Ces gens-là ne servent pas le Christ notre Seigneur; par leurs belles paroles et leurs discours flatteurs, séduisent les cœurs simples. Je me réjouis donc à votre sujet, mais je veux que vous soyez avisés pour le bien et sans compromission avec le mal. (Rm 16, 17-19).

11:02 | 1 comments

31.7.05

Avortement : arguments favorables et répliques...

Voici quelques points de réflexion au sujet de l'avortement

1- La problématique de l'avortement
2- Argument favorable de type temporel
3- Argument favorable de type fusion
4- Argument favorable de type "le droit à la vie de qualité"
5- Argument favorable de type planification des naissances
6- Réplique à l'argument de type temporel
7- Réplique à l'argument de type fusion
8- Réplique à l'argument de type "qualité de vie"
9- Réplique à l'argument de type planification des naissances, contraception et droit des femmes
10- Conclusion du bref commentaire

22:52 | 5 comments

25.7.05

Réponses Chrétiennes à vos questions

Un site fort intéressant au sujet des questions d'actualité portant sur les domaines de:

1- Le Nouvel Âge et les nouvelles religions ...
2- La foi et le salut ...
3- Quand la vie s'achève...
4- Le mariage, la sexualité et la bioéthique...
5- La morale...
6- Les divers sacrements...
7- Le cheminement spirituel, l'aridité et la prière...
8- Le monde visible et l'invisible...
9- Dieu et les saints...
10- Évangélisation et quelques problèmes d'actualité...
11- La Bible...
12- Les vertus, les indulgences, etc.

Sur ce site, quatre volumes répondent à vos questions sur Dieu, l' Église et la vie chrétienne...

23:47 | 0 comments

23.7.05

Le mariage des personnes de même sexe...

En Europe comme au Canada, la question du mariage gai fait la une des médias, de la vie sociale et politique. Elle ne laisse pas non plus indifférente les autorités religieuses (catholiques, juives et musulmanes). En naviguant sur le web, j'ai découvert des écrits songés sur le sujet proprement dit. Ces textes me semblent avoir longuement été réfléchis (sources). Son auteur semble avoir une grande maitrise des sciences humaines. Des éléments de philosophie, de sociologie et psychologie alimentent la réflexion.

1- Les liens de famille naturels
2- Le mariage de personnes de même sexe n'est pas une question d'égalité des droits
3- Droits et responsabilités des parents
4- Essay on the nature of human culture
(espérons que cela sera traduit sous peu par Benedictus qui Venit, pour notre bénéfice)

00:14 | 1 comments

19.7.05

Bénédiction de la bière

La bénédiction de la bière : saviez-vous que même la bière peut être bénie ? Voici la formule de bénédiction dite par les abbés.

Abbé : Notre secours est dans le nom du Seigneur.

Tous. Qui a fait le ciel et la terre.

Abbé : Le Seigneur soit avec vous.

Tous : Et avec votre esprit.

Abbé : Prions.

Seigneur, bénissez + cette bière, laquelle fut produite par votre bonté et puissance à partir de grains de céréale, et faites qu’elle soit une boisson salubre pour le bien de l’homme. Faites que celui qui la consomme avec reconnaissance à votre saint Nom puisse trouver en elle une aide pour le corps et et la santé de l'âme; par le Christ notre Seigneur.

Tous: Amen.

(Rituel Romain 1965, VIII : 5)

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27.6.05

Conclusion du bref commentaire


Au terme de ce bref commentaire, nous devrions être en mesure de voir que les arguments en faveur du droit à l’avortement sont caduques… En effet, au regard de la biologie, de la philosophie et de la religion, des sciences sociales, nous pouvons affirmer que la question n’est pas du tout réglée… Les arguments favorisants le droit à l’avortement ne tiennent pas la route; ils ne sont qu’hypothèses et considérations partielles et superficielles… L’idée qu’on puisse ne pas considérer qu’il y a un être humain dans le sein maternel – selon tel ou tel stade ou moment – relève d’une vision réductrice et mécanique de l’être humain. On réduit ce dernier à des capacités cérébrales, comme s’il n’était qu’un cerveau matériel sur deux pattes ! On ne distingue pas le « moi ontologique » des autres « Moi ». On ne discerne pas l’âme humaine (le principe de vie humain) dès la fécondation. On refuse de reconnaître la présence d’un « autre » - on l’associe alors au corps de la mère, ou à sa volonté (ainsi que celle du père). On se fait le « juge » de la vie en déterminant ce que devrait être une vie qui en vaut la peine (d’un point de vue très matérialiste et très lâche). On est prêt à éliminer l’autre à tout prix pour ne pas faire fasse aux suites normales de l’accouplement, pour ne pas perdre ses petits droits égoïstes, pour ne pas perdre notre petite situation dans laquelle on se complait plus que tout (même plus que la vie elle-même). On considère davantage la survie de l’espèce animale… et l’animal lui-même ! Non seulement on ne donnera pas d’amendes à celles qui avortent et à ceux qui pratiquent l’avortement cher les humains, mais en plus, on payera tous et toutes la facture (comme contribuables). Sommes-nous si en guerre contre notre espèce ? …Environ 50 millions d’avortements par années sur notre patrie, c’est un vrai génocide « humain » et non « animal » ! Pour autant d’infractions à l’égard de l’orignal, il y aurait longtemps que seraient apparus d’autres mesures beaucoup plus drastiques ! Nos choix de société sont-ils véritablement cohérents aujourd’hui ? Devrions-nous refaire nos « devoirs et leçons » - réexaminer tout cela d’un peu plus près ? Y a-t-il là un enjeu suffisamment important ? Seulement la possibilité qu’il y ait là, dans le sein maternel, un être humain, l’enjeu serait-il assez important ici pour que l’on s’abstienne de peut-être commettre l’irréversible – un meurtre ? À vous d’y répondre chers lecteurs, chères lectrices !

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25.6.05

Avortement : réplique à l'argument de type planification des naissances, contraception et droit des femmes

Concernant maintenant le quatrième argument-type (la planification des naissances; la contraception et l’avortement : le droit des femmes), on peut voir que c’est une fois de plus la question de l’ « autre » qui est en cause ici. Si ce qui prime, ce sont les droits et libertés de la femme (et du couple parfois), mais vécus de manière égoïste; alors l’enfant à naître n’est pas considéré pour lui-même. En fait, par la contraception et l’avortement, c’est cet « autre » possible que l’on veut éliminer au profit de nos propres intérêts. Nos droits et libertés doivent-ils éliminer l’autre et ne pas lui conférer des droits et libertés ? Dans une société de droit comme la nôtre, on oublie souvent nos devoirs ! Ne dit-on pas que « notre liberté s’arrête où celle de l’autre commence » ? Dans le présent cas, on a réglé le problème : on ne reconnaît tout simplement pas l’existence de l’autre ! On a décidé pour ce dernier qui est sans voix… En réalité, on a décidé pour SOI-MÊME et non pour l’AUTRE ! En effet, dans une certaine mentalité hédoniste où il y a une conception égoïste de la liberté et une déresponsabilisation en ce qui concerne la sexualité, l’enfant qui pourrait résulter de la relation sexuelle est vu comme l’ennemi (l’intru) à éviter absolument. Ainsi, en cas d’échec de la contraception, l’avortement devient l’unique réponse possible. Si l’on ramène cela du point de vue social par exemple, tout ceci est contre-nature ! En effet, c’est un mouvement qui s’oppose à la survie de l’espèce humaine. En ce sens, ce n’est pas qu’une question de droits et libertés individuels chez la femme (ou le couple), mais une véritable question sociale… Le taux de natalité joue un rôle déterminant pour l’avenir de nos sociétés (et du monde). Que ce soit au niveau économique, culturel ou autre… C’est ici que doit intervenir une réflexion critique particulière… Lorsqu’un chasseur abat une femelle orignal hors de la période légale, il reçoit une amende; par contre, si la femelle était enceinte (peu importe depuis combien de temps), le chasseur verra son amende augmentée… De plus, elle le sera davantage selon certains critères. En effet, plus est grande la probabilité que le chasseur était conscient du fait que la femelle était enceinte, plus la facture sera « salée » ! - Cette information nous vient directement de Me Guy Larose, du Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Selon Me Larose, il s’agit ici de la préoccupation à l’égard de l’espèce (sa survie). C’est là que ça fait réfléchir ! Comment, comme société, en arrivons-nous à considérer davantage les espèces animales que notre propre espèce ? L’animal aurait-il plus de valeur que l’humain ? L’animal dans le sein maternel aurait-il plus de valeur ou serait-il plus considéré que « ce qui est » dans le sein maternel de la femme ? De plus, il est plutôt ironique de se rendre compte qu’on ne fait aucun débat et qu’on ne se pose aucune question quant à « ce qui est » dans le ventre d’une femelle orignal enceinte… Tout le monde dira sans hésitation qu’il s’agit de l’espèce orignale en gestation… Pourquoi n’arrivons-nous pas à affirmer le caractère « humain » de « ce qui est » dans le ventre d’une femme enceinte ? Si l’on nous amène comme raison la présence ou non de l’âme humaine – différente de l’âme animale – alors nous n’aurions qu’à remettre en relief, une fois de plus, ce qui a été dit précédemment à ce sujet… Bref, en tant que société, il semble que nos lois se soucient davantage de la continuité de l’espèce animale que de notre propre continuité ! De plus, on a précédemment exprimé le caractère ontologique humain (présent initialement) – on ne commence pas animal pour ensuite devenir humain ! Malgré cet évidence, faisons quand même la supposition qu’il en soit autrement; c’est-à-dire que notre début serait animal… Alors encore là, il y aurait de quoi se poser des questions : les lois favoriseraient l’espèce orignal et défavoriseraient l’espèce animale que l’on serait au départ ! Un animal, tel qu’un orignal, restera toujours un orignal, un animal… Même si nous commencions en « animal », nous serions conviés à bien plus (être humain)! Comment donc, même dans ces raisonnements un peu fous, pouvons-nous accorder plus de privilèges à l’orignal qu’à l’humain ? De toute évidence, nous avons, comme société, un gros problème d’incohérence ! Le droit individuel devrait-il menacer le droit de survivre pour l’espèce humaine ? Par les lois sur la protection des animaux (même ceux qui sont encore en gestation), nous sommes forcés de répondre « non » si l’on veut demeurer cohérents ! Finalement, lorsqu’on s’aperçoit de l’existence d’avortements très tardifs – l’enfant à naître pourrait aisément survivre en dehors du sein maternel dans bien des cas – comment pourrait-on encore douter qu’il y a là un véritable petit être humain fragile qui ne demande qu’à vivre ? Avons-nous le droit moral – indépendamment du droit civil – de permettre de telles pratiques meurtrières ?

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Avortement : réplique à l'argument de type "qualité de vie"

Lorsqu’on regarde maintenant le troisième type d’argument (la vie de qualité), il n’est pas difficile de voir que la valeur première ici n’est pas la vie elle-même, mais les « conditions » de celle-ci. La vie de l’enfant à naître, comme telle, n’a plus de sens en elle-même. L’enfant à naître peut être même perçu comme un fruit détestable du plaisir sexuel ou encore un obstacle au bonheur éphémère et superficiel des parents. Quelques fois, c’est ce même bonheur à l’égard de l’enfant qui devient le critère de discernement des parents – critère décidant de la valeur ou de la non-valeur de la vie de l’enfant à naître. En général, il s’agit d’un droit capitaliste et totalitaire… Cela suppose une société où le droit au confort peut s’appuyer sur l’élimination de l’autre… C’est chacun pour soi, ainsi que la loi du plus fort. L’autre option ici serait de ne pas réduire le bonheur à des considérations souvent matérialistes, égoïstes et où le mot d’ordre est la « facilité à tout prix » ! La vie qui vaut d’être vécue, c’est la vie à laquelle on peut donner un sens. La vie (sa valeur réelle) ne dépend pas d’un bonheur « factice », ni des souffrances possibles. D’ailleurs, n’a-t-on pas déjà personnellement connu des personnes qui ont eu la vie « dure » et qui, pourtant, ont trouvé un sens profond à leur vie, ainsi qu’un bonheur y étant souvent relié ? N’y a-t-il pas de ces personnes qu’on regretterait si elles n’étaient pas là, alors qu’elles auraient pu être éliminées sous prétexte qu’elles expérimenteraient des difficultés et souffrances dans ce que serait leur vie ? La souffrance n’est-elle pourtant pas normale et inévitable dans toute vie humaine ? N’a-t-on pas connu de ces familles pauvres, mais combien rayonnantes d’amour et de bonheur profonds ? En conséquence, puisque les difficultés et les souffrances sont inévitables dans toute vie humaine, il faudrait alors supprimer tout le monde ! Un peu fou, non ? De plus, il y a toujours la présence de l’ « imprévisible » dans toute vie… Le bonheur et les bonnes conditions de vie ne sont jamais garanties une fois pour toute ! Si l’on veut viser une sécurité absolue pour soi-même ou pour nos enfants, il vaudrait mieux ne jamais prendre de risques alors… donc ne jamais avoir d’enfants ! Qu’arriverait-il à l’humanité entière alors – à la survie de l’espèce ?

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Avortement : réplique à l'argument de type fusion

Au regard du deuxième type d’argument (fusion), il est primordial de revenir à ce que dit la science génétique. Celle-ci prouve biologiquement que dès la fécondation, tout le bagage génétique (différent des parents) est présent, ainsi que tout le programme de son propre développement (autonome en lui-même). En réalité, dès que l’ovule est fécondé, se trouve inaugurée une vie qui n’est ni celle du père, ni celle de la mère, mais bien d’un nouvel être humain qui se développe pour lui-même (avec ses propres caractéristiques déjà bien déterminées). De plus, naturellement parlant, la fécondation n’attend pas la permission des partenaires sexuels pour se réaliser. Ce processus en est un indépendant et autonome en lui-même. Le désir ou non-désir, le vouloir ou non-vouloir n’a rien à voir avec cette fonction inhérente à la sexualité humaine, c’est-à-dire la fertilité et la fécondation. En conséquence, il y a donc là une réalité qu’on ne peut nier ici : l’autre ! Celui-ci n’étant pas réductible à la liberté et à la volonté de la femme et de l’homme concernés.

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Avortement : réplique à l'argument de type temporel

Réflexion critique, argumentation et autres éléments : une nouvelle « vision » possible !

En premier lieu, il est très important de s’attarder davantage, ici, à l’idéologie selon laquelle il n’y aurait pas encore un être humain avant un certain moment (stade) plus ou moins précis et défini : il y a en effet des différences de point de vue à cet égard… D’abord, il s’agit ici d’une « vision » très partielle et réductrice quant à ce qu’est un être humain. En effet, on ne tient compte en général ici que d’un seul aspect : celui d’une « mécanique » plus ou moins complète. Il s’agit souvent de simples (pour ne pas dire simplistes) observations instrumentales dépouillées de toute intériorité. Ainsi, on prétend pouvoir affirmer à quel moment et à quelle(s) condition(s) il y a l’apparition d’un être humain. Par exemple, comme nous l’avons dit précédemment, plusieurs diront qu’on peut considérer la présence d’un être humain seulement à partir d’un certain stade de développement du cerveau, où on peut observer la présence de certaines fonctions cérébrales. De cette manière, on réduit l’être humain à ses capacités cérébrales, ainsi qu’au développement de son cerveau. Ce qui est questionnant ici, c’est qu’on omet de rendre compte d’un fait majeur : le cerveau, ainsi que son activité neurologique et ses diverses fonctions, est un processus qui n’est jamais achevé. Il n’y a jamais de « stade » ou d’ « état » statique et définitif… Le cerveau est en perpétuel devenir ! Il s’agit ici également d’une caractéristique importante au sujet de l’être humain, de son développement, etc. Ceci se vérifie au niveau biologique, mais également à d’autres niveaux… Il est donc primordial de reconnaître ce phénomène évolutif, ce « continuum ». Au lieu de considérer l’être humain (depuis sa conception jusqu’à sa naissance) en terme de « fragmentation en étapes et paliers », il serait peut-être plus adéquat de le considérer comme ce qu’il y a de plus commun chez tous les humains, c’est-à-dire un être en continuel développement, changement, devenir, etc. Il s’agit du mouvement même à la base de toute existence humaine. Comment peut-on ignorer ce fait quand il s’agit de la vie intra utérine et réduire celle-ci à une simple observation « statique », alors que ce « continuum » humain est déjà présent et identifiable chez l’enfant à naître (quelques soit son niveau de développement) ? De plus, si l’on réduit l’être humain à ses capacités et fonctions cérébrales par exemple, il y a alors d’autres gros problèmes auxquels on devra faire face, à savoir les personnes à capacités réduites (de manière innée ou acquise – accidentelle). À la limite, on pourrait en arriver à tuer quelqu’un qui a perdu des capacités cérébrales, suite à un accident … Pourtant, avant l’accident, on aurait considéré celui-ci comme un véritable être humain… et l’instant d’après, il ne serait plus un être humain ? Bref, notre être et notre vie sont, entre autres, un mouvement qui a débuté dès la conception : nous sommes depuis le début et encore actuellement des êtres humains en devenir. Si nous ne sommes humains dès le départ, il n’y a pas de raison pour qu’on le devienne un jour ! De plus, concernant les partisans de l’animation médiate pour qui l’âme humaine n’arrive dans le « support matériel » (corps) de l’enfant à naître seulement qu’à un « stade » de développement de cette « matière organique », ils ne semblent pas bien comprendre ce qu’est l’âme elle-même. En effet, celle-ci, bien comprise, ne peut être initialement absente du corps matériel, même dans ses humbles débuts. L’âme est le « principe de vie » qui « anime ». Or, c’est cette vie qui débute dès la conception et qui se déploie dans la matière et en fait une matière vivante. Il ne s’agit pas ici d’une programmation inerte et neutre inscrite dans le patrimoine génétique… Il y a de la vie là dedans ! Chez l’être humain, ce principe de vie est également spirituel et raisonnable – le support matériel cérébral, entre autres, permettra l’exercice de la raison, mais peu importe l’exercice, la vie humaine est au départ « ontologiquement » douée de raison : c’est dans son être. Ce principe de vie est le même initialement. Ce qui peut changer, c’est l’acte ou l’opération (l’expression) de cette caractéristique extraordinaire et ce, pour des raisons accidentelles – n’enlevant rien à l’identité elle-même, ontologique. En effet, il nous faut être capable de différencier l’identité « juridique », « psychologique » (développement) et « ontologique ». L’âme humaine fait partie de l’être humain. La personne est irréductiblement un corps et une âme spirituelle et ce, dès la conception. Il revêt ainsi une dignité particulière : tout en étant matériel, il n’est pas que matériel… Il s’agit donc ici du « moi ontologique » qui suffit pour que l’être humain soit considéré comme tel dès sa conception. En conséquence, il semble évident que si nous désirons faire « entrer » la question de l’âme humaine dans le débat, nous ne pouvons qu’admettre la thèse de l’animation immédiate. C’est alors que nous devons admettre qu’il y a une personne humaine « ontologique » dès la conception et ce, peu importe ce qu’en dit le « côté » juridique de la majorité des sociétés humaines contemporaines.

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